Un arbuste andin qui révolutionne les balcons français
Imaginez remplacer vos plants de fraises habituels par une plante venue tout droit des montagnes sud-américaines. Depuis quelques mois, la murtilla, aussi appelée goyavier du Chili (Ugni molinae), fait son apparition dans nos jardineries. Cette plante compacte et robuste séduit particulièrement les urbains cherchant un arbuste fruitier à la fois esthétique et capable d'affronter nos hivers rigoureux.
Native des zones forestières tempérées du Chili et d'Argentine, cette espèce de la famille des Myrtacées réunit tous les avantages recherchés : adaptée à la culture en conteneur, parée d'un feuillage qui ne tombe jamais, dotée de fleurs odorantes et généreuse en fruits lors de la saison automnale. Alors que le moment des plantations printanières approche, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur ce nouveau venu prometteur.
Des dimensions idéales pour cultiver en espace réduit
Le goyavier du Chili reste modeste dans ses proportions. Cultivé en pleine terre, il culmine habituellement entre 1,50 et 2 mètres, avec une stature encore plus ramassée lorsqu'il pousse en pot. Sa silhouette touffue et arrondie convient parfaitement aux espaces limités, sans déborder sur la terrasse ni obscurcir l'environnement.
Son feuillage qui perdure toute l'année se compose de petites feuilles d'un vert profond, épaisses et lustrées, offrant une structure décorative en toute saison. Lorsque le printemps arrive, généralement entre mai et juin, surgissent des fleurs hermaphrodites en forme de clochettes teintées de blanc rosé, dégageant un parfum délicat. Leur abondance en nectar attire les abeilles, qui assurent la pollinisation.
Les baies apparaissent plusieurs mois après la floraison. Ces petits fruits mesurent de 5 à 15 millimètres de diamètre. Une fois arrivés à maturité, ils arborent une couleur rouge vif et délivrent un arôme intense de fraise sauvage. Leur texture ferme et leur parfum caractéristique justifient leur utilisation dans la fabrication d'arômes de fraise. L'histoire raconte même que la reine Victoria au XIXe siècle comptait ces baies parmi ses fruits de prédilection.
Une résistance remarquable qui conquiert les jardiniers urbains
Son allure exotique pourrait suggérer une plante délicate. C'est tout le contraire. La murtilla tolère sans broncher des températures descendant jusqu'à -8 à -10°C après un bon enracinement en pleine terre. Cultivée en conteneur, elle nécessite toutefois une protection racinaire durant les périodes de gel intense.
Cet arbuste fruitier affectionne les terres acides et craint le calcaire. À l'instar des rhododendrons ou des myrtilliers, il prospère dans un milieu léger et bien drainé. Pour une culture en pot, une composition efficace consiste à mélanger environ 80% de terre de bruyère avec 20% de compost bien décomposé ou de terreau standard, en ajoutant une strate drainante dans le fond du contenant.
Ses racines superficielles exigent un approvisionnement en eau régulier, particulièrement pendant les mois chauds. Un paillis d'écorces de pin maintient l'humidité et préserve l'acidité nécessaire. Concernant les soins, la taille demeure minime : un simple rééquilibrage en sortie d'hiver suffit amplement. La cueillette s'effectue d'octobre jusqu'aux premières gelées. À une période où fraises et framboises ont disparu des marchés, la murtilla offre une récolte bienvenue. Les baies se savourent nature, transformées en confiture, en gelée ou même en liqueur : au Chili, on élabore le Murtado.
Une saveur distinctive de fraise des bois qui sort de l'ordinaire
Si la murtilla capte tant l'intérêt, c'est également grâce à son caractère aromatique unique. La baie offre un goût franc de fraise des bois, parfois agrémenté de touches rappelant le kiwi ou subtilement épicées. Une palette gustative originale qui contraste nettement avec les variétés uniformisées des fraisiers conventionnels.
Autre avantage appréciable : sa progression lente évite les rempotages répétés. Qu'il soit intégré dans une haie ou cultivé en bac, l'arbuste accepte bien la taille et peut même être façonné selon les préférences. Ses feuilles peuvent remplacer le thé dans certaines préparations, tandis que ses graines ont servi de substitut au café dans le passé.













