Élégante mais risquée : la fougère, grand paradoxe du jardin
On la croise dans presque tous les sous-bois, et elle a progressivement conquis nos jardins. Gracieuse, tolérante à l'ombre et facile à vivre, la fougère semble être la plante idéale pour les jardiniers qui n'ont pas envie de se compliquer la vie. Pourtant, un inconvénient majeur vient ternir son image : elle constitue un véritable refuge pour les tiques.
Pourquoi les fougères attirent-elles autant les tiques ?
La réponse tient en quelques mots : humidité, ombre et absence de circulation d'air. Ce sont précisément les conditions que recherchent ces acariens pour survivre et prospérer. Une touffe de fougères bien établie leur offre exactement cela — un microclimat sur mesure, avec peu de lumière directe, un taux d'humidité stable et des frondes qui retiennent naturellement l'eau.
D'après l'INRAE, les tiques utilisent les fougères comme poste d'observation. Elles grimpent en hauteur le long des tiges et se laissent choir sur tout ce qui passe à portée : un animal, un être humain, ou même un simple souffle d'air. Lorsque la chaleur devient trop intense, elles redescendent au sol pour se protéger. Une stratégie redoutablement efficace, qui peut transformer votre jardin en zone à risque.
Dans quelles zones du jardin le danger est-il le plus élevé ?
Les fougères ne sont pas problématiques partout. Mais dès qu'elles se retrouvent à proximité des zones fréquentées — terrasses, aires de jeux, chemins de passage — le risque grimpe sensiblement. La situation se complique encore lorsque plusieurs facteurs s'accumulent :
- Implantation près d'un mur ou d'une haie qui retient l'humidité ambiante
- Absence de taille régulière, laissant les touffes devenir trop compactes
- Présence d'animaux sauvages comme les chevreuils ou les sangliers, qui traversent les massifs et transportent les tiques
Une étude menée par le CNRS en Dordogne en 2023 a mis en évidence un chiffre saisissant : près de 70 % des tiques recensées dans les jardins observés se trouvaient à moins d'un mètre d'un massif de fougères. Difficile, après ça, d'en planter sans réfléchir à deux fois.
Vous avez déjà des fougères chez vous ? Voici comment limiter les risques
Inutile de tout arracher du jour au lendemain. Quelques gestes ciblés suffisent souvent à réduire significativement la présence de tiques dans votre jardin :
- Taillez les frondes régulièrement pour éviter que les touffes ne deviennent trop denses et trop humides.
- Évitez d'installer des fougères près des zones où vous vous asseyez ou où jouent les enfants.
- Nettoyez le sol à leur pied fréquemment, car la litière végétale accumulée constitue un abri supplémentaire pour les tiques.
- Plantez à proximité des espèces naturellement répulsives, comme la lavande, le romarin ou la citronnelle.
- Si vous habitez dans un secteur fortement infesté, envisagez de remplacer vos fougères par des plantes plus sèches et moins hospitalières pour les tiques : le thym, la sauge ou le millepertuis sont d'excellentes alternatives.













