Une façade verdoyante en pleine saison froide ? C'est possible
Au cœur de l'hiver, lorsque le jardin n'offre plus guère que des silhouettes dépouillées, une façade habillée de feuilles luisantes et de petites clochettes parfumées produit un effet saisissant. C'est précisément ce que savent faire les clématites à feuillage persistant — des lianes encore trop souvent ignorées au profit de leurs grandes cousines fleuries d'été.
Ces plantes conservent leur feuillage en toutes saisons et entrent en floraison lors des périodes les plus rudes, avec des fleurs certes plus modestes, mais nettement plus abondantes et souvent délicatement parfumées. Pour s'épanouir durablement, elles exigent néanmoins quelques conditions précises : un choix d'espèce adapté, une bonne orientation et un sol soigneusement préparé. Tout se décide dès les premiers gestes de culture.
Clématite à feuillage persistant : quelles espèces retenir pour un jardin toute l'année
On désigne sous le terme de clématite persistante les espèces qui maintiennent leur feuillage plutôt que de disparaître complètement à l'automne. Les deux représentantes les plus répandues dans nos jardins sont Clematis armandii, reconnaissable à ses grandes feuilles coriaces d'un vert profond, et Clematis cirrhosa, au feuillage plus délicat et découpé. L'une comme l'autre produisent de nombreuses petites fleurs simples — blanches, crème ou jaune pâle, parfois légèrement mouchetées de violet — dégageant souvent un parfum agréable.
Leur calendrier de floraison diffère sensiblement. Clematis cirrhosa, couramment appelée clématite des hivers, peut ouvrir ses fleurs dès le début de la saison froide, avant de former ces têtes de graines soyeuses si caractéristiques. Clematis armandii, elle, déploie ses étoiles blanc crème entre la fin de l'hiver et le début du printemps. Ces deux lianes sont capables d'atteindre 6 à 9 mètres de longueur et s'épanouissent idéalement dans des espaces abrités, où les températures ne descendent guère en dessous de -8 à -15 °C.
Plantation : exposition, nature du sol et choix du support
Comme l'ensemble de la famille des clématites, ces variétés persistantes obéissent à une règle fondamentale : le feuillage au soleil, les racines à l'ombre et au frais. Concrètement, cela signifie planter le pied en zone ombragée — derrière une tuile posée au sol, un caillou plat ou un massif de vivaces — pendant que la partie aérienne grimpe librement vers la lumière. Le sol idéal est léger, fertile, bien pourvu en matière organique, correctement drainé et d'un pH légèrement acide à neutre, compris entre 6 et 7.
En pleine terre, privilégiez une plantation au printemps ou en automne, en dehors de toute période de gel. Creusez un trou au minimum deux fois plus large que la motte et, si votre sol est lourd et compact, incorporez une couche de graviers en fond de trou pour faciliter l'écoulement de l'eau. Placez la plante à 20 à 30 cm du mur ou du grillage, orientez les tiges vers leur futur support, puis remblayez avec un mélange de terre de jardin et de compost. En pot, optez pour un grand contenant percé, garni d'un substrat très drainant, et veillez à adapter l'arrosage régulièrement.
Entretien et multiplication : comment préserver la floraison
Une fois bien implantée, la clématite persistante apprécie une humidité constante mais sans excès. Les racines doivent rester uniformément fraîches ; la couche superficielle du sol peut s'assécher légèrement entre deux arrosages, mais jamais davantage. Un paillis clair — paille ou compost bien mûr — contribue efficacement à maintenir cette fraîcheur. De mars à mai, un apport d'engrais ou de compost stimule la croissance ; on interrompt ensuite les fertilisations pendant la floraison afin de ne pas perturber la formation des boutons.
Ces lianes s'accrochent d'elles-mêmes en enroulant leurs pétioles autour de fils tendus, de treillis fins ou de tasseaux étroits. Les jeunes plants gagnent à être guidés et attachés souplement dans un premier temps. La grande majorité des variétés persistantes appartiennent au groupe de taille 1 : elles fleurissent sur le bois de l'année précédente, ce qui implique de se limiter à une taille légère juste après la floraison, afin d'éliminer le bois mort et de raccourcir les tiges qui débordent du support. Du côté des nuisibles, limaces et escargots constituent la principale menace ; les coquilles d'œufs s'avèrent peu efficaces, contrairement aux appâts anti-limaces. Pour multiplier la plante, il suffit de marcotter une tige souple au ras du sol ou de prélever quelques boutures au printemps.













